Contenu sensible : ce témoignage aborde les violences sexuelles vécues dans l’enfance.
De 7 à 13 ans, Alison Green a porté un poids qu’aucun enfant ne devrait connaître. Comme elle le mentionne si justement, pendant 1 500 jours, elle regardait les autres enfants jouer, rire et s’amuser pendant qu’elle, elle faisait semblant. Elle survivait. Aujourd’hui fondatrice de Bien Chez Soi, Vice-présidente et cofondatrice de l’Association des Soins à Domicile du Québec, et membre du conseil d’administration de Marie-Vincent, Alison a choisi de raconter une partie de son histoire.
À travers deux vidéos, Alison nous ouvre une porte sur son histoire. Dans la première, elle évoque ces années où elle a porté son fardeau seule, dans le silence. Dans la seconde, elle raconte comment le fait d’en parler a changé le cours de sa vie.
« Vivre des agressions sexuelles quand on est enfant, c’est lourd. C’est un poids qu’on porte en permanence. Moi, je l’ai porté de 7 à 13 ans. Tous les jours. 1 500 jours.
1 500 jours pendant lesquels je voyais les autres enfants jouer, rire, s’amuser. 1 500 jours pendant lesquels, moi, je faisais semblant, je survivais. 1 500 jours à résister, sous le poids que je portais.
La peur. Peur que ça recommence. Peur que quelqu’un le découvre.
Le silence. Celui qu’on s’impose, par peur des conséquences, par peur que personne ne nous croie.
La culpabilité. Quand tu finis par te demander si c’est de ta faute.
Moi, ce poids-là, je l’ai porté trop longtemps. Toute seule. Un poids trop gros pour des épaules si petites.
Et je refuse que d’autres enfants aient à le porter.
C’est pour ça que des organisations comme Marie-Vincent sont là. Un endroit sécuritaire où les jeunes peuvent enfin déposer ce poids. Un endroit où ils sont entendus et soutenus, où ils reçoivent les services dont ils ont besoin.
Changer les choses pour la petite Alison que j’étais et pour tous les enfants d’aujourd’hui, ça part de nous, les adultes.
Allégeons ensemble le fardeau des jeunes survivants de violence sexuelle. »
« À 14 ans, j’ai osé raconter à ma meilleure amie que je vivais des agressions sexuelles.
Briser le silence, ça m’a permis de briser la honte que je pouvais ressentir et qui ne m’appartenait pas. Ça m’a permis d’arrêter de vivre ça seule.
Être capable d’en parler, ça ne fait pas disparaître tout le poids qu’on ressent. Mais c’est le point de départ pour apprendre à le maîtriser.
Pour y parvenir, il suffit parfois de l’aide d’une seule personne. Une amie, un adulte de confiance, une professionnelle. Quelqu’un qui nous écoute. Quelqu’un qui nous croit. Quelqu’un qui ne nous juge pas.
Comme toutes les survivantes, c’est sûr, il y a des séquelles qui restent. Certains jours, ce poids revient. On le ressent. À 40 ans, je continue encore de me faire aider quand j’en ai besoin. Mon sac à dos, il reste encore des pierres dedans. C’est clair.
Pouvoir en parler, ça m’a permis de le maîtriser et de donner un sens à ma vie : celui d’aider. De bâtir des projets qui renforcent ceux et celles qui refusent de se laisser diminuer.
On n’efface pas le passé. Mais on peut se réapproprier son histoire. Et c’est exactement ce que Marie-Vincent permet de faire.
Chaque année, leur équipe accompagne des centaines de jeunes et leurs familles, pour qu’ils puissent continuer d’avancer et bâtir leur avenir.
Marie-Vincent contribue à bâtir une communauté qui protège ses enfants.